Tobie tient la main à l’archange Raphaël à droite du retable.

Tobie est représenté comme souvent dans l’art comme un petit enfant. Dans le texte biblique il s’agit d’un jeune homme. D’où nous sommes nous ne voyons pas vraiment son visage qui est entièrement tourné vers l’ange auquel il donne la main. Celui-ci de son autre main pointe l’index vers le ciel et en l’occurrence vers Dieu au sommet du retable entouré d’angelots qui chantent sa gloire. Gabriel nous indique ainsi qu’il est l’envoyé du Père.

Regarder maintenant la main gauche de l’enfant et la main droite de l’ange… Celle de l’ange est simplement disponible pourrait-on dire pour que la main de l’enfant s’y accroche. Et l’ange ne referme ses doigts pour la tenir ou la retenir. L’enfant est simplement accompagné, sans contrainte et libre de lâcher cette main à tout moment. Nous pouvons penser que l’artiste Yves Corlay veut ainsi nous signifier que Dieu est toujours présent à nos côtés qu’il nous tend la main et nous laisse libre de nous y accrocher ou non. C’est cette attention de Dieu à son égard et à l’égard de son fils que reconnaitra au retour de Tobie son père Tobith.

Ils étaient assidus aux prières.

Mais de quoi est-il question dans ce texte biblique ? Le livre de Tobie nous fait le récit d’une histoire extraordinaire, faite de guérisons et d’actions de grâce. Un jeune homme Tobie est envoyé par son père aveugle Tobith chez Gabaël, à Raguès de Médie, à deux journées de marche du lieu où ils habitent, Ninive, afin de récupérer une somme d’argent qui lui est dû. Pour ce faire son père lui demande de chercher un compagnon de route. C’est comme cela que le Seigneur met sur la route du jeune homme l’archange Raphaël. Sans connaître sa nature réelle, Tobie, va faire confiance à ce personnage. Et c’est ainsi qu’au cours de son voyage il trouvera son épouse Sarra, qu’il délivrera du malin, ainsi que le moyen de guérir son père de sa cécité à son retour.

Ce livre très court nous plonge au cœur des relations parent/enfant, et par là même au cœur de deux foyers profondément aimants et honnêtes, celui des parents de Tobie et celui de parents de Sarra.  Le texte est prétexte à de multiples prières faites essentiellement par les figures masculines que sont Tobith, et Ragouël le père de Sarra. Je vous propose d’entendre l’avant dernier chapitre de ce livre qui en compte 14, chapitre dans lequel nous pouvons lire la prière d’action de grâce de Tobith après avoir découvert que le compagnon de voyage de son fils était un ange et donc en reconnaissant que tous les biens faits qui lui ont été donné sont l’œuvre de Dieu.

Chapitre 13 du livre de Tobie

01 Tobith dit alors : Béni soit Dieu, le Vivant, à jamais ! Béni soit son règne !

02 C’est lui qui châtie et prend pitié, qui fait descendre aux profondeurs des enfers et retire de la grande perdition : nul n’échappe à sa main.

03 Rendez-lui grâce, fils d’Israël, à la face des nations où lui-même vous a dispersés ;

04 là, il vous a montré sa grandeur : exaltez-le à la face des vivants. Car il est notre Seigneur, lui, notre Dieu, notre Père, il est Dieu, pour les siècles des siècles !

05 Il vous frappera pour vos péchés, mais il vous prendra tous en pitié, il vous rassemblera de toutes les nations où vous avez été disséminés.

06 Si vous revenez vers lui de cœur et d’âme pour vivre, dans la vérité, devant lui, alors il reviendra vers vous et jamais plus ne cachera sa face.

07 Regardez ce qu’il a fait pour vous, rendez-lui grâce à pleine voix ! Bénissez le Seigneur de justice, exaltez le Roi des siècles !

08 Et moi, en terre d’exil, je lui rends grâce ; je montre sa grandeur et sa force au peuple des pécheurs. « Revenez, pécheurs, et vivez devant lui dans la justice. Qui sait s’il ne vous rendra pas son amour et sa grâce ! »

09 J’exalterai mon Dieu, le Roi du ciel ; mon âme se réjouit de sa grandeur. Que tous lui rendent grâce à Jérusalem et qu’ils disent :

10 Jérusalem, ville sainte, Dieu va te frapper pour les œuvres de tes fils, mais de nouveau il aura pitié des fils des justes.

11 Rends toute grâce au Seigneur et bénis le Roi des siècles ! Qu’il relève en toi le sanctuaire,

12 Qu’il réjouisse en toi les exilés, qu’il aime en toi les malheureux, pour les siècles sans fin.

13 Une lumière brillante brillera jusqu’aux limites de la terre. De loin, viendront des peuples nombreux vers ton nom qui est saint, les mains chargées de leurs offrandes pour le Roi du ciel. Les générations des générations t’empliront d’allégresse, et le nom de l’Élue restera pour les siècles.

15 Réjouis-toi, exulte, à cause des fils des justes : tous rassemblés, ils béniront le Seigneur éternel. Heureux ceux qui t’aiment : ils se réjouiront de ta paix.

16 Heureux tous ceux qui s’affligeront sur toi à cause de toutes tes épreuves : en toi ils se réjouiront, ils prendront part à ta joie pour toujours. Mon âme, bénis le Seigneur, le Grand Roi :

17 Il bâtira, dans Jérusalem, sa maison pour les siècles ! heureux serai-je, s’il reste quelqu’un de ma descendance pour contempler ta gloire et célébrer le Roi du ciel. Les portes de Jérusalem seront d’émeraude et de saphir ; ses murs, de pierre précieuse ; les tours de Jérusalem seront en or, et leurs créneaux, en or pur ; ses rues, pavées de rubis et de pierres d’Ophir.

18 Ses portes retentiront de chants de joie, et ses demeures diront : « Alléluia ! Béni soit le Dieu d’Israël ! » Que les bénis de Dieu bénissent le Nom très saint, pour les siècles et à jamais !

Au chapitre suivant nous apprenons que :  Tobith mourut dans la paix à l’âge de cent douze ans et qu’il fut enterré dignement à Ninive. (Tb 14, 2) quant à son fil, il mourut, respecté de tous, à l’âge de cent dix-sept ans. » (Tb 14, 14)

© CDAS Joëlle Delfino